Ma foi, vous savez, Beauchamp, ce que c'est qu'une nouvelle importante ; nous n'avons pas voulu laisser perdre celle-là. Maintenant le coup est porté ; il est terrible et retentira jusqu'au bout de l'Europe.» Beauchamp comprit qu'il n'y avait plus qu'à baisser la tête, et sortit au désespoir pour envoyer un courrier à Morcerf. Mais ce qu'il n'avait pas pu écrire à Albert, car les choses que nous allons raconter étaient postérieures au départ de son courrier, c'est que le même jour, à la Chambre des pairs, une grande agitation s'était manifestée et régnait dans les groupes ordinairement si calmes de la haute assemblée. Chacun était arrivé presque avant l'heure, et s'entretenait du sinistre événement qui allait occuper l'attention publique et la fixer sur un des membres les plus connus de l'illustre corps. C'étaient des lectures à voix basse de l'article, des commentaires et des échanges de souvenirs qui précisaient encore mieux les faits. Le comte de LXXXVI. sac longchamp voyage soldes Le jugement. 16, Page 21, Le Comte de Monte-Cristo, Tome IV Morcerf n'était pas aimé parmi ses collègues. Comme tous les parvenus, il avait été forcé, pour se maintenir à son rang, d'observer un excès de hauteur. Les grands aristocrates riaient de lui ; les talents le répudiaient ; les gloires pures le méprisaient instinctivement Le comte en était à cette extrémité fâcheuse de la victime expiatoire. Une fois désignée par le doigt du Seigneur pour le sacrifice, chacun s'apprêtait à crier haro. Seul, le comte de Morcerf ne savait rien. Il ne recevait pas le journal où se trouvait la nouvelle diffamatoire, et avait passé la matinée à écrire des lettres et à essayer un cheval. sac longchamp toile pas cher, Il arriva donc à son heure accoutumée, la tête haute, l'il fier, la démarche insolente, descendit de voiture dépassa les corridors et entra dans la salle, sans remarquer les hésitations des huissiers et les demi-saluts de ses collègues. Lorsque Morcerf entra, la séance était déjà ouverte depuis plus d'une demi-heure. Quoique le comte, ignorant, comme nous l'avons dit, de tout ce qui s'est passé, n'eût rien changé à son air ni à sa démarche, son air et sa démarche parurent à tous plus orgueilleux que d'habitude, et sa présence dans cette occasion parut tellement agressive à cette assemblée jalouse de son honneur, que tous y virent une inconvenance, plusieurs une bravade, quelques-uns une insulte. Il était évident que la Chambre tout entière brûlait d'entamer le débat. On voyait le journal accusateur aux mains de tout le monde ; mais, comme toujours, chacun hésitait à prendre sur lui la responsabilité de l'attaque. Enfin, un des honorables pairs, ennemi déclaré du comte de Morcerf, monta à la tribune avec une solennité qui annonçait que le moment attendu était arrivé. Il se fit un effrayant silence ; Morcerf seul ignorait la cause de l'attention profonde que l'on prêtait cette fois à un orateur qu'on n'avait pas toujours l'habitude d'écouter si complaisamment.